#EMCenMusique – 4e édition

Une rentrée 2020 à pleine voix !

Marqués par des conditions d’exercice sans précédent, nous avons plus que jamais à porter notre attention aux valeurs humanistes de la République.

Proposer aux élèves une rentrée en musique(s), c’est accueillir les corps avec la danse, accueillir les émotions et favoriser la construction d’un groupe en structurant dès le départ les relations et les distances entre les élèves, tout en développant leur sentiment d’appartenance par le vécu de situations émotionnelles fortes.

La séquence, portée par la musique, est construite de façon à permettre l’évaluation des élèves (langage oral, langage écrit, capacité à travailler seul et en groupe/à distance) et construite de façon à (ré)engager les élèves dans les tâches scolaires et les activités cognitives : enrôler les élèves et les outiller pour penser.

Pour une rentrée en musique 2020 au sein d’une année encadrée par un protocole sanitaire dans un contexte de crise sanitaire de grande ampleur.

Pourquoi commencer l'année avec un opéra ?

L’opéra est construit autour d’une trilogie qui peut servir de prélude au fonctionnement d’un groupe d’élèves sur toute l’année :

  1. Écouter et s’écouter, ressentir et faire part de ses émotions à travers la musique (et le chant choral en particulier).
  2. Montrer et démontrer, s’approprier les savoirs par le corps à travers la danse, la mise en scène, les décors et les costumes (faire des choix, argumenter, comparer).
  3. Dire et lire, s’exprimer et comprendre à travers l’intrigue et le livret : l’amour et la mort, les récits initiatiques, la fatalité et le libre arbitre, thèmes littéraires forts et préoccupations humaines de chaque instant, sont rarement absents d’un opéra.

Mais pourquoi choisir un opéra-ballet, et les Indes Galantes de J.-P. RAMEAU en particulier ?

Le genre « opéra-ballet », exclusivement français, développé autour du règne de Louis XIV, est au service des danses baroques. Réglées et chorégraphiées, les danses baroques organisent l’espace et structurent le groupe de danseurs : exactement ce qu’il nous faut pour faire front face au virus !

Si la séquence de rentrée en musique ne propose qu’une rapide entrée dans l’œuvre, c’est pour mieux multiplier les pistes pédagogiques à emprunter au cours de l’année. Des duos soprane-flûte à couper le souffle au merveilleux quatuor de la fête des fleurs, en passant par la tempête, le tremblement de terre et l’éruption volcanique, tout autorise à plonger abondamment dans l’œuvre avec vos élèves. Et à en ressortir pour mieux faire des liens avec les classiques de la musique (Concertos des 4 saisons de Vivaldi, Clair de lune de Beethoven ou Chevauchée des Walkyries de Wagner pour le figuralisme) et de la littérature (les Lettres persanes de Diderot pour l’observation du monde à travers les yeux du XVIIIe siècle, les rivalités amoureuses de la mythologie et du Moyen-Âge).

Les Indes Galantes ne se passe pas en Inde. Les quatre territoires traversés sont fantasmés au rythme de thèmes musicaux bien français. Tout alors y est propice aux questionnements, aux recherches et aux débats : la duperie, l’amour, le mensonge, l’esclavage, la sauvagerie, le colonialisme (thème d’opéras célèbres, comme Lakmé ou Mme Butterfly).

Monté en 1735 pour les grandes fêtes de Versailles, l’opéra-ballet ne trouve pas un grand succès (livret pauvre et intrigue intrigante : une déesse de la guerre entraine les jeunesses d’Europe, la déesse de l’Amour traverse en réponse des contrées éloignées pour disséminer l’amour). J.-P. RAMEAU ajoute la partie des Sauvages en 1736, et donne à l’oeuvre un souffle impressionnant.

La séance débat va porter sur la mise en scène. Quoi de plus naturel, alors, de nous appuyer sur des choix qui ont fait date : le spectacle époustouflant que nous ont offert Clément COGITORE et Bintou DEMBÉLÉ à l’Opéra de Paris en 2019 (https://www.arte.tv/fr/videos/091145-000-A/les-indes-galantes-de-rameau-a-l-opera-de-paris/). Autre avantage : cette version est disponible librement sur le Arte Concert jusqu’à début octobre.

Est-ce vraiment de l'EMC ?

La séquence va développer empathie, règles communes et sentiment d’appartenance (« respecter autrui : l’adjectif moral de l’enseignement moral et civique renvoie au projet d’une appropriation par l’élève de principes garantissant le respect d’autrui »). Elle va favoriser la mise en œuvre d’un débat (« acquérir et partager les valeurs de la République : principes et valeurs qui sont nécessaires à la vie commune dans une société démocratique et constituent un bien commun s’actualisant au fil des débats dont se nourrit la République »). Enfin, de la distanciation physique à la place des émotions dans les apprentissages, « la culture de la sensibilité permet de se mettre à la place de l’autre » et « la culture du jugement [engage à] développer l’esprit critique des élèves ».

Bien sûr, tout est fait pour mettre en avant la transversalité de l’EMC, que ce soit en lien avec l’EPS (« s’exposer aux autres, synchroniser ses actions avec celles de partenaires »), le français (« les entrées du programme de culture littéraire et artistique permettent des croisements privilégiés avec les programmes d’histoire, d’histoire des arts et d’enseignants moral et civique »), ou bien sûr l’éducation musicale.

En ouverture sur l’année, cette séquence de rentrée reprend certains des thèmes EMCpartageons qui seront développés avec vous :

  • Construire un groupe et un sentiment d’y appartenir en toute bienveillance ;
  • Prendre en compte la diversité des élèves, de l’évaluation diagnostique aux supports d’apprentissage, pour une école inclusive ;
  • Écouter de la musique pour observer ses propres émotions et celles des autres ;
  • Découvrir une posture de citoyen au travers d’un débat réglé et des publications.

En profiter pour mieux connaître ses élèves

Nous accordons une importance toute particulière à faire de cette séquence un support pour vous faciliter la rentrée.

Dans cette optique, vous pourrez vous appuyer sur deux propositions d’observation des élèves :

  1. Dans le groupe et face aux apprentissages.
  2. En production d’écrit.

Quid du travail en groupe ?

Cette rentrée est marquée par des règles de distanciation physique.

Alors plutôt que de ne plus faire appel aux phases en petit groupe lorsqu’elles sont pédagogiquement nécessaires, nous avons cherché comment faire coopérer les élèves tout en favorisant les distances physiques.

Voici quelques pistes de mise en oeuvre pour le travail scolaire en groupes restreints. Envoyez-nous les vôtres, elles seront partagées avec un grand intérêt !

La séquence

L’ensemble de la séquence s’appuie sur le célèbre rondeau issu des Indes Galantes (J.-P. RAMEAU) : Troisième entrée, les sauvages, scène VI, « Danse du grand calumet de la paix ».

Vous pouvez en retrouver une version de concert ici : CultureBox – Les Arts florissants

Et une version mise en scène (disponible en ligne jusqu’au 09/10/2020) là : Arte Concert – Opéra de Paris

Séance 1 : chant et danse

Que l’on soit assis en classe ou debout dans un gymnase, cette séance peut devenir un rituel d’entrée dans la journée et les apprentissages scolaires.
Si les enseignants sont de plus en plus nombreux à tenir compte de l’influence des émotions et de la gestion du corps des élèves dans les apprentissages, le bien-être reste un élément pédagogique tabou dans une société élitiste qui valorise les capacités cognitives précoces, les compétences mnésiques et l’aisance oratoire.
Cette séance de rentrée, artistique et kinesthésique, propose de mettre en place des éléments qui, s’ils sont répétés et modifiés régulièrement, peuvent favoriser l’entrée de tous dans une posture d’élève, prêts pour les tâches cognitives. Elle repose sur un triptyque simple : bien-être dans son corps, bien-être dans le groupe, valorisation de l’estime de soi.

La séance repose sur trois phases :

  • une appropriation par le rythme (percussions corporelles) ;
  • une appropriation par la danse de groupe, prolongeant le rythme ;
  • une appropriation par le chant.

Séance 2 : mise en scène

La deuxième séance repose sur un grand principe de notre société : faire des choix et avoir un avis sur les choix des autres.

La mise en scène d’un opéra peut amener controverses et discussions dans l’espace de la cité. C’est le point de départ de cette séance, qui vous amènera à débattre pour la première fois de l’année !

Le support élève - phase individuelle :
Les supports élève - phase de groupe :

Séance 3 : créations littéraires

Quoi de plus logique, lorsqu’il s’agit d’opéra, de lier musique et création littéraire ?

Vos élèves, lors de cette troisième séance, vont avoir à créer un texte et à le déclamer sur la première partie de l’extrait.

Les supports élève - phase individuelle
Les supports élève - phase de groupe

Équipe Créa et Panorama : 

Mélanie Bachimont (@mel_bachimont), Nabila Errami (@NaErrami), Anaïs Proy (@AnaisProy), Pierre Lignée (@drumoly), Valérian Florentin (@val_florentin).


Pas encore inscrit.e.s et tenté.e.s de rejoindre l’aventure avec votre classe, et sa communauté d’enseignant.e.s ? C’est entièrement gratuit et c’est par ici !

Vous aimez le dispositif ? Vous souhaitez soutenir l’association qui le propulse ou encore apporter votre pierre à l’édifice pour la faire évoluer ? Rejoignez-nous ! Adhérez !

Retrouvez les éditions #EMCenMusique précédentes sur la page #EMCenMusique : les séquences.

Vous avez prévu de chanter en public ? N’oubliez pas d’en informer la SACEM : autorisation de diffusion.

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